29 décembre 2006
Gribouillages et éclaboussures
Noël oblige, il a bien fallu rendre visite à ma parentèle. Et tenir l'emploi de gentil rejeton. Auprès d'eux je n'ai pas de sexe, je suis le fils de la famille. Ils me sucent le sang et la moelle jusqu'à épuisement.
Entortillé dans un plaid, chez maman, je lisais des livres, en fumant des cigarettes, pour combler les heures. Au restaurant avec papa, je lui posais des questions, afin de meubler le silence. Ma soeur et son copain emménagent ensemble. J'assiste à une messe de minuit. Et caetera.
Pendant ce temps... Mon pénis rabougri rêve d'éclaboussures.
J'ai toujours un garçon dans le collimateur. Ou devrais-je dire dans le rétroviseur ? En tout cas en vue, et qui me fait souffrir. Plus ou moins.
J'ai aimé une tripoté de jean-foutre qui n'en avaient cure. Là dessus je brode des gribouillages. Les prénoms se succèdent, se chevauchent sur la toile. J'écris des textes ramassés, peu prolixes. Je pisse ma copie concise. Je passe, cavale et gambade. On ne me remarque pas. Mais j'existe quand même.
Ma vie est une fiction permanente et perpétuelle. Une histoire que je raconte. Mes dix doigts vaquent à leur occupation terrestre.
"Je ne peins pas l'être. Je peins le passage." (Montaigne, Les essais, III, 2.)
Commentaires
En tous cas, merveilleux style!
mega melon vous parle
En tant que mister melon je trouve inadmissible que tu n'évoques pas ma présence en ces lignes (enfin heu... je crois hein... ;)))
Comment ? Parce que je ne fais pas partie de ta famille???
ah ok alors...
Bref bonne année a toi quand même, pleine de... de...
de ceux que tu désire!
;)))
yann (mega melon man)
semer des petits cailloux blancs...
pour retrouver son chemin... où un amour de hasard serait resté en vrac, (on est parfois aussi le requin des autres, sans le savoir).
mon souhait pour toi en 2007
que quelqu'un s'accroche à tes mots au lieu de t'écorcher le coeur.
bisous
Tes mots semblent jetés-là comme s'il s'agissait d'un dernier recours, en désespoir de cause. Il me semble que lorsqu'on écrit, c'est aussi un peu ça, détacher une partie du coeur, la restituer, intacte, par des mots, dans toute sa beauté, et dans toute sa laideur, rechercher la vérité et la lucidité, tenter d'atteindre une perfection que l'on est incapable d'atteindre soi-même - et qu'au fond l'on n'atteindra probablement jamais.
"La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c'est à peu près propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'à partir, c'est pour ça que la vie est longue. Rien de grave." - Justine Lévy.
Merci pour tout ça.
Parentèle... Un mot bien médical, moche et qui a le mérite de décrire cette réalité froide et qu'on n'a pas désiré. je le dis car je l'ai croisé ce matin dans Tchekov et me suis fait la réflexion ! Pour 2007, je te souhaite moins de quantité et plus de qualité. A moins que je ne puisse faire autre chose ? ;)
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