C'est moi qui... Ce sont les autres qui ne pas...

Cinq minutes avant le grand amour... Rien.

28 septembre 2006

La délivrance

Ce dimanche Maxime sort du bois. Je lui avais dit : "14h, avec des croissants et du gel." Et il vient. Un plein carton de chez Le Nôtre dans les mains. Nous faisons l'amour pour le nouvel an juif. Un réveillon l'après-midi. Je m'assoupis un moment contre lui. La bonne tiédeur du corps de chacun pénètre le corps de l'autre. La sensation ne ment pas. On ne vit que de ça. Il laisse quand il part son odeur sur mon sein. Il apparaît, il disparaît. Il m'est fidèle à sa manière intermittente.

Je décide que, les jours sans idylle, il faudra libérer le fruit de mes entrailles par un geste créateur équivalent : un dessin d'enfant, une photo, une page d'écriture, un collage, une performance, un graffiti, une installation, un objet d'art... Quelque chose d'éphémère et d'idiot. Transférer dans un peu de matière le trop d'amour que je destine à mes amants, le donner au monde qui ne s'en soucie guère.

Maxime introduisant sa bite à sec, j'eus mal. Il débanda. Il me branla entre ses doigts jusqu'à sentir couler mon sperme. Puis caressa ma nuque, mes omoplates. Lui resta la délivrance en berne, au fond des bourses. Comme à son habitude il bavarda beaucoup, le débit brouillon. Il raconta un amour de son adolescence, j'eus une érection qu'il ne perçut pas. Très aimable Maxime.

J'ajoute à mes notations du jour une note supplémentaire, concernant Jérôme... O Gratitude ! Cela a eu lieu, j'ai cueilli sa fleur qui m'était offerte.

En dire davantage ce serait mentir.

"Le monde est racheté par cet instant où une créature humaine, désirable, consent. C'est vraiment cela qui rachète tout." (Henry de Montherlant, Mais aimons-nous ceux que nous aimons ?)

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22 septembre 2006

Dédicace pour quelques uns

Ma vieille grand-mère répond au médecin qui l'ausculte : "je suis rebelle !" Quoiqu'elle parlait précisément de sa tension, ce mot dans la bouche d'une femme presque centenaire me frappa.

Au vrai, depuis que j'arbore en blason une tête de mort sur mes vêtements, vanité portative, je me sens imputrescible et fort. Ma frustration sexuelle mise à part, restriction importante, je ne suis pas aussi déprimé que j'en ai l'air quand j'écris, et déprimant. J'irais jusqu'à déclarer ceci : la vie a bien du ragoût.

Le vent d'automne me va comme un gant.
Tourner la page de l'ancien temps. Le saluer avant.

Aux play-boys, aux ennemis, pour la galerie.

Intermède datant de la semaine dernière : la porte claqua d'un coup, j'étais coincé dehors, les clefs dedans. J'exécute alors la fenêtre, mais la vitre brisée scalpa mon index. Soudain le bout du doigt rouge, liquide, mal. Puis trente-six chandelles... Véridique ! On ne rit pas, merci.

En plein coup d'Etat militaire, Lucie accouche à Bangkok d'un bébé mort-né, pas viable.
Denis lutte contre une tumeur au cerveau qui lui pompe l'existence.
Pauline a décidé de rester brouillée avec moi. Peut-être pour toujours. La faute à nos tempéraments de feu. Je l'aime tant.
D'un clic Mike Nietomertz a effacé son blog. Il faudra surmonter cette catastrophe. Et à cause de lui, point de citation aujourd'hui.

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19 septembre 2006

L'enlacement, les pâmoisons

La volupté, l'enlacement, les pâmoisons... Leur absence me tuent. Je ne baise plus.
Ma calvitie va galopante.
Trois petits tours au Centre Pompidou, mon lieu de drague favori : je sublime, et ce fut tout.
Je suis le vilain petit canard au milieu des malabars qui tortillent des fesses.
Je suis venu chercher la paix dans ce café du marécage.
Il n'y a que le plaisir qui apaise, le plaisir qui justifie, le plaisir qui rétablit. Cette décharge du plaisir jamais ne m'a déçu.
Des gens passent, des pédés, et ne s'arrêtent pas à ma hauteur. Des anonymes avec qui je ne convolerai pas. Autant de gouffres se dérobant sous mes pas.
Mes boyaux se vrillent. Mes désirs se perdent.
La grande jouissance je l'ai vue dans la prunelle des vivants, contemplation extatique, au paroxysme d'un certain spasme. Où regardaient-ils ? Derrière moi. Outre-tombe. Peu avant ou peu après, j'avais aussi mon billet pour là-bas.
Bien. Branler le mammouth ou enculer les mouches ?

"Un petit caniche s'arrête au beau milieu de l'espace et fait sortir de son anus fripé une crotte marron clair, elle se dépose lentement sur le carrelage, en spirale, stupéfaction générale." (Olivier Cadiot, Retour définitif et durable de l'être aimé.)

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09 septembre 2006

Corpus

Après le supermarché, j'ai dîné d'une boîte de cassoulet, en lisant un magazine.
Il n'était pas tard. J'aurais pu appeler quelqu'un. Rejoindre un ami, l'écouter parler, boire un verre, danser, socialiser comme disent les Anglais.
Des couleurs, des fragments ressurgissent. Tels les mains de Maxime, la langue de Thierry, Arnaud à la verge tordue, le vert des yeux verts de Jérôme. J'y pense encore. Ils sont quelque part à cette heure.
Par superstition jamais je n'emploie l'adverbe "jamais" dans une phrase conjuguée au futur. En théorie tout peut advenir à nouveau. Cette idée me rassure.
L'obsession des corps fait de moi un rôdeur, le soir venu. Ou bien un homme qui ne dort pas.
J'écris et je baille.
Au crépuscule on peut aussi cuisiner des festins, allumer des bougies, empiler des coussins.
Un fracas de vaisselle cassée me fit sursauter. J'ai marmoné un juron.
Ils étaient parfois laids les spécimens avec qui je m'accouplais. Mais un se distingue : lui.
Je revois très bien son regard ainsi qu'une prairie. Je l'entends toujours sa voix basse en sourdine. Et je garde son empreinte tatouée sur mon dos.
Hier soir demandez-vous monsieur le commissaire ? Je n'ai pas d'alibi, j'ai pris un somnifère.

"Leur amour avait été de courte durée, quelques soirées torrides où tous les deux se vidaient de leur sperme au point de défaillir. Il y en avait tellement. Il y en avait toujours." (Louis Skorecki, Il entrerait dans la légende.)

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05 septembre 2006

Retour du pays natal

Je ne savais plus aligner des mots et exprimer les choses, mes émotions, écrire. Je croyais pourtant être fait pour ça. Je savais encore parler, balbutier sarcasmes et aboiements.
Des pans de ma vie tombèrent dans le coma... On imaginera ce qu'on voudra.

Plus sobres que le sang et les pleurs, la douleur et la peine ne coulent pas.

J'ai besoin de bras forts pour m'étreindre.
Il paraît que je suis une poupée vicieuse.

Pendant ces vacances, j'étais malheureux au pays natal.

"Car j'ai de grands départs inassouvis en moi." (Jean de La Ville de Mirmont, L'horizon chimèrique.)

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