C'est moi qui... Ce sont les autres qui ne pas...

Cinq minutes avant le grand amour... Rien.

24 juin 2006

Jour de noce

Pendant que la Gay pride parade à Paris, je fais la noce à la campagne : France et Siegfried se marient, j'ai l'honneur d'être leur témoin.

On me traite souvent de midinette. Soit. Comme on voudra... Sauf que, l'amour, je n'y crois. Je n'ai pas d'expérience en la matière. J'ai lu des livres là dessus, et vu des films, l'amitié de quelques uns me réchauffe, des hommes m'ont désiré. Voilà ce dont je peux témoigner.
Hélas, ce blog est la preuve flagrante que l'amour fait défaut dans ma vie.

Et cependant, lorsque je suis avec France et Siegfried, quoi que je sache par ailleurs, je ne saurais nier l'existence de l'amour. Dès que je baigne en leur présence, que je pense à leur union, jaillit, invincible, la certitude extraordinaire que l'amour existe ici-bas. Bel et bien. C'est à eux deux que je dois cette grâce.

Ça commençait mal pourtant. Un garçon attendait à sa fenêtre. (D'habitude dans les histoires, une jeune fille se languit au sommet de la tour, mais là c'était un garçon...) France passait dans la rue. Ils se regardaient, ils se souriaient. Tous les jours, plusieurs fois par jour. Jusqu'au jour où, tandis qu'elle nettoyait son linge à la laverie du bas de l'immeuble, France sentit une main sur son épaule : c'était le garçon descendu de sa fenêtre... Il s'appelait Siegfried, comme le héros de Wagner dont la grand-mère de France lui contait la chanson de geste quand elle était enfant. Il s'appelle toujours Siegfried. 
Ça commençait mal, disais-je. De quoi allaient-ils parler une fois le plaisir consommé, la jouissance épandue ? S'il suffisait de se plaire pour s'aimer !
C'était il y a 9 ans. Ce ne fut pas toujours facile. Il leur fallut apprendre.

Aujourd'hui, 15h30, à la mairie, France porte un tutu blanc, Siegfried une cravate à pois, moi un badge Love avec un coeur. Oui.   
Vivent les mariés !

"Aimer n'est rien d'abord qui signifie se fondre, se donner et s'unir à un seconde personne (que serait en effet l'union de l'inéclairci, de l'imprécis, de ce qui n'est pas encore en ordre) c'est pour l'individu une sublime occasion de mûrir, de devenir en soi-même quelque chose, de devenir monde, pour l'amour d'un autre, monde pour soi-même." (Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.)

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15 juin 2006

Et patati et patata

Premières chaleurs, courants d'air malsain : un début d'angine me cloue sur place, pendant deux jours, grande faiblesse de mon anatomie.
Si je faisais du sport, si j'étais mieux gaulé, peut-être résisterais-je davantage ? (Si ma tante avait des roues ce serait un bus...)
J'achète des baskets italiennes hors de prix, mais je ne ressemble à rien. Je dépense l'argent que je n'ai pas en mondanités sympa.
Tout ce qu'on n'a jamais voulu savoir de moi, sur moi, et plus.
Afin de calmer cette angoisse qui m'étreint du collet aux chevilles, j'avale quelques Lexomil, et je gobe des corps caverneux, de-ci de-là. Ces derniers sont contents.
Postmoderne, je griffonne à l'aide du clavier ma bohème d'enculé. Je déblatère. Bien que ma jugeote ne vaille pas quatre sous, je m'en sors toujours avec une pirouette.
Ai-je déjà dit que les hommes me rendent fou de tendresse ?

"Que de morts j'ai pu souhaiter. En moi-même je garde un charnier dont la poèsie aurait à répondre. Que de coeurs dévorés, de gorges traversées, tranchées, de poitrines ouvertes, que de mensonges, d'armes empoisonnées, de baisers !" (Jean Genet, Pompes funèbres.)

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09 juin 2006

Dévoyé

J'emploie les heures à assouvir l'impétueux désir qui me dévore. Avec la fureur d'un désespéré.
Samedi 3 juin 2006, une paire de bite me pénétre de concert. J'écarte les cuisses au maximum. Ma nature a horreur du vide. Gaël et Anthony.
Le surlendemain, Arnaud use de moi comme instrument de plaisir. Lascif, il m'offre des bouquets sensationnels. La salive, la sueur, le sperme, la merde et le sang se mélangent. Alchimie dégueulasse.
Je suis mûr pour faire la grue.

Donner au plus grand nombre et recevoir de tous. Se prostituer par goût de la crapule. Qu'une vie plus riche comble le manque que je ressens, et mon pécule défoncé !
J'imagine un gang bang titanesque dont je serais le vortex.

On disait naguère d'une fille de joie qu'elle était perdue. Servez-vous sur la bête, conquistadores. Le trésor et l'épave ont ceci en commun qu'ils appartiennent à celui qui les trouve.

Il y avait du soleil sur le périphérique lorsque je sortis de chez eux, pour rejoindre mes pénates. C'est, je crois, ce que j'ai préféré de cette fin d'après-midi : la lumière, la chaleur, tombées du couchant.
J'ai marché jusqu'à la nuit. Un air fredonnait dans ma tête. Je croisais des gens. L'effluve des pots d'échappement taquinait mes naseaux. Moi-même j'allais coucher ma viande à la maison.

J'amalgame volontiers en écrivant, amour et orgasme, mais je ne les confonds pas quand je baise, je sais bien la différence qui les sépare, car personne ne m'aime. J'y mets pourtant à chaque fois tout mon être, sans retenue. Je le jure.

Apprendre. A prendre ! A pendre ? (Rien de mieux à raconter.)

"Nous sommes dans la création jusqu'au cou, nous y sommes par tous nos organes : les solides et les subtils." (Antonin Artaud, Héliogabale ou l'Anarchiste couronné.)

Posté par etmoiplus à 23:18 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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