C'est moi qui... Ce sont les autres qui ne pas...

Cinq minutes avant le grand amour... Rien.

30 novembre 2005

A celui qui...

"Je t'adore" égale "Je te hais" égale "Tu m'indiffères".
Dans l'équation passionnelle importe surtout l'inconnue que je veuille aimer quelqu'un, un toi, un autre.

Je me sens bien, béat, bêta.
L'important, ce que je veux, c'est une histoire d'amour. Présentement, là, maintenant, tout de suite... Avant que je ne me fane.

Je veux t'aimer. Il n'y a qu'à tendre la main, l'amour est là, je suis prêt à me perdre encore pour un homme.
Qui ? Celui qui viendra.

"Si tu es l'homme que j'espère, si tu es l'homme que j'attends, oh tu devrais venir plus vite, tu devrais venir maintenant..." (Barbara, Toi, l'homme.)

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25 novembre 2005

Dérisoire

La paupière gauche saute, nerveuse. Où est le haut, où est le bas ? Je laisse aller.
Le corps souffre à cause de l'âme.
Je suis chiant en ce moment, Pauline le souligne souvent.

Un mélange de vomissure et d'excrément macère sous mon globe crânien.
Ces jours-ci, journées closes, je ne quitte ma couche que pour grignoter dans la cuisine. Je lis et je reste au lit. Détruire. Se détruire, s'entend. Au fur et à mesure.
Le sexe : déjà une sensation lointaine. Semi-échec permanent depuis des lustres.
Je me repose de je ne sais plus quoi au juste... Aucun prétexte ne justifie ma stagnation. Alors ?! Alors.
Je sors : la tristesse suinte partout. Des individus font masse sur le boulevard. L'usure a déchiré la doublure du manteau que je porte. Direction : poubelle.

Le boulanger (cf. infra) continue de me faire des blagues, et moi chaque fois je pique un fard, jeune fille effarouchée, adolescent timide et gauche. Le boulanger me drague, peut-être. J'ai 15 ans.

Se réformer. Faire de l'exercice. Manger des fruits et des légumes. Cesser d'ajourner. Ecrire mes lettres de motivations comme s'il s'agissait de fictions romanesques. Rappeler maman et les autres qui ont laissé un message sur le répondeur. Donner signe de vie, quand même, malgré l'absence criante de celle-ci.

"Il le sait bien que personne ne rêve de lui, personne qui espère son amour. (...) Que les assasins viennent vite, je ne veux plus survivre." (Christophe Honoré, Scarborough.)

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14 novembre 2005

Dialectique du chaud et du froid

J'entame cette période glacière sans espoir boréal. Ma corpulence est trop mince, mon corps atteint là sa limite en matière de résistance. Le froid insidieux s'immisce d'abord par les extrémités, la tête, les mains, les pieds, puis il s'abat sur les épaules et les reins, si bien que le soir, je mets des heures à me réchauffer avant de dormir. Besoin de chaleur humaine. Autres solutions : se procurer une bouillotte de grand-mère et un châle de laine, boire du thé ou un cognac, prendre un bain, partir aux Antilles, se masturber, faire du sport.
Froid. Je pense avec effroi que mourir sera atroce, parce que j'aurai froid. L'horreur de la condition du cadavre : être gelé, transi, frigorifié, devenir une viande froide. Je suis trop frileux pour endurer cela, la mort. Ainsi pour la première fois de ma vie je me dis que mourir est un cauchemar au-dessus de mes forces.

Avant-hier un garçon, de 6 ans mon aîné, vient me réchauffer à la maison. Il est grand, sec. Je ne pouvais pas prévoir sur les photos que sa voix serait à ce point peu sexy, aigre et zézéyante. Ni que ses baisers seraient mous, c'est-à-dire qu'il me tire sa langue dans ma bouche plutôt qu'il ne m'embrasse. Puis il débande tandis que je le suce, ce qui est vexant. Lorsque je branle nos deux bites d'une seule main, il rebande et éjacule aussitôt, ce qui est frustrant. Je crains alors de vieillir moi aussi.
Mais le bonus avec un mauvais baiseur, c'est qu'on se sent soi-même très sensuel, lascif, et fort que ce sentiment nouveau soit si naturel.

Au moment de jouir mon orgasme est un gémissement. A la fois soulagement et sanglot. Le cri du nouveau né, le râle de l'agonisant. Je frissonne.

"Pour cette Cosette, où est Jean Valjean ?" (Pierre Michon, Corps du roi.)   

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12 novembre 2005

Dans l'attente du violent bonheur

A nouveau le chaos récidive. Hier, je revois Thierry.

De l'art de se rendre inaccessible : je me préparais à hiberner au chaud douillet du lit, enivré par l'odeur de lessive qui imprègne les draps... Certes. Mais les avances de Thierry contrecarrent mon ivresse morbide. Il me rappelle à la vie.

Pour fêter nos retrouvailles (3 mois sans se voir), je consacre l'après-midi à l'attendre. Je me lave, achète des préservatifs, fais brûler de l'encens japonais. Enfin, je m'allonge, et tout entier absorbé par la contemplation du moment, je récite machinalement Le Bateau ivre. Ma récitation s'interrompt sur le mot tiède de torpeur auquel je cède...
19h30, Thierry sonne à l'interphone.
Pendant 3/4 d'heure je ressuscite à l'intérieur de lui. Il est d'abord serré. Ses baisers profonds m'invitent à le baiser profondément. Exit l'impuissance et le mal de vivre : je jouis comme un beau diable. J'aime son cul étroit, sa bite longue, nos râles conjugués. M'excite aussi la dissemblance de formats, son mètre quatre-vingt d'étendue contre mon petit gabarit, 1m70.
Le soir, après qu'il soit parti, je pense que je suis heureux, je pense que je suis fatigué, je pense que le sommeil ne tardera pas à venir.

Parce que c'est trop malheureux de vivre comme un retraité, à mon âge, je vais m'amuser maintenant. Mes désirs sont des ordres.
Le bon plaisir : la grande affaire.

"Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. / Toute lune est atroce, et tout soleil amer : / L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes. / Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !" (Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre.)

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09 novembre 2005

Sans commentaire

"Trop de sommeil, et d'un sommeil de mauvaise qualité, sans cesse entrecoupé, et plein de rêves idiots. Je me réveille tard (toujours trop chaud ou trop froid, à l'intérieur et à l'extérieur de mon lit) et depuis une semaine je ne fais pratiquement plus rien, sinon lire. Au réveil ce matin un sentiment de manque assez énorme : je suis dans l'état de quelqu'un qui attend quelque chose, et dont ce quelque chose changerait toute la vie. Mais qu'est-ce que je peux bien attendre ? (J'ai rêvé l'autre nuit que j'étais un enfant contre le corps d'un homme.)" (Hervé Guibert, Le Mausolée des amants, journal 1976-1991.)

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03 novembre 2005

Still alive

Miscellanée des semaines écoulées.

Rien à foutre. (Au sens propre de : je ne baise pas.) Hélas. Tant mieux. Hélas, tant mieux.
Quel andouille je fais !
J'attends un événement, comme une femme porte un enfant dans son sein. Je suis en gestation semble-t-il, grossesse nerveuse peut-être.

Week end à Lyon. Les amis sont là. Aller/retour.

A quoi rêvent les hommes qui dorment dans le train ? Passe le paysage, je fais la vache à l'envers.
Comme toujours j'enrage contre la SNCF. Je pourrais écrire des pages la dessus.
(Extrait. Le contrôleur annonce via les haut-parleurs : "Pour le confort de tous, nous vous rappelons que le TGV est intégralement non-fumeur." Cette formule me heurte, car pour ma part, l'usager que je suis trouve très inconfortable qu'il n'y ait plus de wagons où fumer à son aise. Passe encore que la Compagnie Nationale des Chemins de Fer, forte de son monopole d'Etat, décide de supprimer les espaces fumeurs, mais lorsqu'elle prétend le faire au motif de mon bien-être particulier, j'estime qu'il s'agit d'une dérive autoritaire, intolèrable, tout à fait scandaleuse. Etc.)

Double bind : j'ai également besoin de gagner ma vie, travailler, et besoin de créer, faire l'artiste, mais ne sachant choisir entre les deux, tel l'âne de Buridan placé à égale distance d'une botte de foin et d'un seau d'eau, je meurs de faim et de soif.
(Cette fable, que je raconte volontiers, figure bien l'absurde de la situation.)

Mon corps est un port de plaisance où viennent mouiller de grands mâts. Aujourd'hui je me sens hors saison.

Annecdote. France m'accompagne acheter du pain et paye notre baguette. Le boulanger, mignon comme un mouton, me sourit. "Madame porte la culotte dit-il, puis me regardant il ajoute, vous êtes soumis ?/." Rouge jusqu'aux oreilles, je bafouille une réponse, n'importe quoi. J'entrevois une hypothèse : et si le boulanger nourrissait une passion secrète pour ma personne... Affaire à suivre.    

Auto-prescription : lire la biographie de Madonna.

Je n'ose pas. Depuis des mois, j'hésite, je tergiverse.
La peur de souffrir entrave ma puissance d'agir.
ça stagne.
Et depuis quelques jours que mes WC n'évacuent plus... Je pisse dans le lavabo. (S'organiser.)
Same old shit.

Heureusement je n'aime pas la bière, le foot, le rap, toutes les banlieues de la Terre, et les éclairages zénithaux.

Lumière oblique de l'automne. Mon blouson de cuir brun me protège, mes lunnettes noires aussi.
Encore que je sois en état de crise perpétuelle, j'avance. Oui.
Rock'n'Roll is still alive. Balancer et rouler.

"Cease to know or to tell / Or to see or to be your own / Have someone else's will as your own / You are beautiful and you are alone" (Nico, Afraid.)

Posté par etmoiplus à 18:27 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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